Parfum… il était une fois à Grasse

Alors qu’un vent de nostalgie souffle sur la parfumerie avec une image du luxe étroitement liée à l’artisanat et au savoir-faire d’antan, Grasse, longtemps considérée comme la capitale mondiale du parfum, a retrouvé les faveurs de créateurs qui investissent à nouveau ses champs de fleurs. Retour sur cette petite ville du sud où le parfum français puise ses origines.

En savoir-faire lié au parfum, la France a toujours autorité en la matière. Jusqu’au début du XXème siècle ils étaient encore produits artisanalement, et ses effluves précieuses et raffinées devaient beaucoup à un savoir-faire façonné au fil des générations à Grasse. Un retour aux sources de la belle parfumerie qui coïncide avec la récente prise de conscience écologique, mais aussi à l’image de qualité du produit de luxe. Néanmoins les créations de plus en plus nombreuses brouillent les pistes, avec dans leur sillage de plus en plus de consommateurs qui ne savent plus à quel nez se vouer. A Grasse, il est question d’un héritage artisanal qui demeure un art.

Le parfum, un produit de tradition française

Ou presque… car c’est à la Renaissance durant les des guerres d’Italie, que les armées de François 1er découvrirent -en envahissant leur voisin transalpin- les essences parfumées. Des senteurs très orientales à base d’épices, ramenées par les marchands de la route de la soie. Monarque aussi viril que précieux, François 1er raffole de ces essences parfumées dont il devient le meilleur ambassadeur à la cour. Signe extérieur d’élégance dans l’aristocratie française, le marché du parfum s’envole. Et les chimistes de s’essayer à l’art de la parfumerie à condition de débourser de fortes sommes d’argent pour acheter de matières premières. Pour contourner les fabricants italiens qui contrôlent l’approvisionnement en essences, les parfumeurs vont apprendre à fabriquer leurs propres matières premières… à Grasse.

Grasse, retour en grâce

Avec une situation géographique unique et un micro climat idéal la « petite ville des Alpes-Maritimes construite sur un éperon rocheux à 350 mètres d’altitude » devint un espace privilégié pour la création de matières premières naturelles d’une extrême qualité. Au XVIIème siècle les artisans parfumeurs sont reconnus juridiquement, et la ville devint officiellement la capitale du parfum. Une sorte de « Jardin d’Eden » qui pérennise les cultures de la parfumerie traditionnelle en étant au plus près de la matière : des champs à perte de vue, de roses, de Jasmin, de muguet … où les laboratoires artisanaux d’extraction qui produisent les huiles essentielles, les concrètes, et les absolues, ont fait place désormais à des usines de transformation. Un « savoir-faire qu'on ne trouve nulle part ailleurs » pour le parfumeur François Demachy originaire de la ville provençale, qui s’inscrit dans le temps. Le temps de bien faire, aujourd'hui encore "la fleur" comme on appelle le jasmin à Grasse, est toujours cueilli à la main.

De grandes marques comme Chanel possèdent leurs propres plantations de roses et de jasmin à Grasse où la ville abrite toujours les célèbres maisons de parfumeurs que sont Fragonard, Molinard et Galimard. Récemment le groupe LVMH (propriétaire de la marque Dior) a fêté l’inauguration du château de la Colle Noire dont le bâtiment mythique, qui appartenait à Christian Dior dans les années 50, vient d’être restauré. La parfumerie demeure le principal pôle industriel de Grasse avec ces nombreuses entreprises : les Grassois vivent des parfums. Après 10 ans de procédure, les fleurs de Grasse ont enfin obtenu le Graal. Déjà renommés à travers le monde, les savoir-faire liés au parfum en Pays de Grasse sont désormais inscrits au Patrimoine immatériel de l'Unesco. Le point culminant entre la nature, la culture, la recherche scientifique et l’économie. 

 

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